Care-t, clacassè ! çi disè lou labadé. Dèche canta lou Baniu.

Tais-toi, beau parleur ! disait le lavoir. Laisse chanter la rivière.



mardi 30 mai 2023

Sandra Badie.

 Sandra Badie.





    Une étoile brillait dans notre ciel, de mille feux. Étoile nouvelle, promise à d’autres cieux, nombreux et étincelants. Un nuage noir est venu éteindre notre étoile. Et le nuage lui aussi a pleuré, stupéfait de son audace et détruit par son incompréhension.

    Sandra était fille de notre pays, les montagnes lui ont montré le ciel, le ciel lui a donné sa clarté, le doux murmure de l’Ousse la conduisait sereinement vers des mondes ouvertsson horizon était fait de ses vertus de volonté et de cœur. Combien d’yeux chargés d’admiration, et plus encore, l’ont regardé s’en aller et grandir vers des espaces sur le bord desquels nous restions pour l’accompagner et la porter, nos souffles se mêlant à celui du vent.

    Une vague assassine l’a submergée et le vent devenu mauvais a giflé nos visages jusqu’aux larmes et griffé nos cœurs jusqu’au sang.

    Sandra était fleur de nos campagnes, coquelicot aux pétales rouge flamboyant, couleur de son cœur. Qui voisinait avec le bouton d’or, couleur de ses victoires. Ce sont les couleurs d’une belle âme. Elles étaient posées dans un écrin de cristal fait de simplicité, de gentillesse, d'enthousiasme et de joie de vivre, ainsi tout le monde pouvait en profiter.

    Quand on la taquinait sur le fait qu’elle soit devenue une grande dame, grâce à ses exploits sportifs, elle répondait avec un doux sourire qui illuminait son visage. Elle seule savait combien sont hautes les marches du podium, combien de gestes répétés à satiété avant de pouvoir lever les bras en signe de victoire.

    Jusqu’à ce dernier combat face à un adversaire sournois qui ne s’est pas dévoilé et qui l’a mené au terme qu’il avait fixé.

    Les cris et les rires des enfants du dojo posent à ses pieds un nuage de tendresse et de douceur pour l'accompagner dans son envol vers l'au-delà. Dernière caresse pour nos cœurs endoloris.

    Un voile diaphane l’a éloigné de nos yeux, mais un ruban tricolore ceint désormais son nom : Sandra.

Ce qui ceint notre cœur est de couleur noire et nous étouffe. Il y est écrit : "Sandra". En rouge vif, très vif. Des lettres de feu, et ce feu-là va brûler longtemps.


















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